8 engagements pour voyager plus écoresponsable en famille

Soucieuse sur l’avenir de la planète et engagée sur les questions écologiques, j’ai poussé ma famille à revoir complètement nos modes de vie, de consommation, d’achat ces 5 dernières années. Cependant, travel addict par ailleurs, j’ai tardé à remettre en question notre manière de voyager… L’année dernière, nous avons encore beaucoup voyagé, souvent de l’autre côté de l’océan (Yucatan, Martinique,…)

Lire l’article « Pourquoi nous n’avons pas d’autre choix que de changer notre manière de voyager »

Ce que nous réserve l’avenir m’oblige à revoir notre manière de voyager. Nous ne renoncerons pas à nos voyages, et nous n’arriverons sans doute pas à supprimer à 100% nos déplacements en avion. Je doute aussi de nos capacités à nous lancer demain dans un tour du monde à vélo avec nos filles de 6 et 8 ans en quête du voyage zéro carbone. Mais nous pouvons déjà nous responsabiliser sur notre manière de nous déplacer, de rechercher le dépaysement et le ressourcement, de nous loger, de consommer sur place…

Alors je partage avec vous mes 8 engagements pour voyager plus écoresponsable et durable; engagements qui me semblent indispensables pour aligner ma conscience écologique, ma conscience de parent, mon mode de vie à la maison et ma manière de voyager en famille. J’espère que ces idées feront écho pour certains d’entre vous et que vous adopterez peut-être aussi certains (ou la totalité) de ces engagements lorsque vous voyagez en famille.

1. Réduire nos déplacements en avion

« De tous les livres, celui que je préfère est mon passeport. »

Alain Borer

Comme expliqué dans l’article « Pourquoi nous n’avons pas d’autre choix que de changer notre manière de voyager »le transport en avion a un impact démentiel sur les émissions de Co2 globales, et un aller-retour transatlantique écrase toutes les bonnes actions de l’année à la maison !

C’est la bonne résolution qui aura de loin le plus d’impact, mais aussi la plus difficile à prendre pour nous !

Je ne peux pas complètement me résoudre à ne plus faire découvrir à mes enfants les contrées lointaines d’Asie, d’Amérique, d’Afrique… Nous continuerons également de visiter la famille de Mister Piment en Martinique.

Mais, grands voyageurs que nous sommes, nous pouvons assurément réduire le nombre de nos voyages longs courriers, ainsi que les distances parcourues. Et c’est ce que nous allons faire! Quand l’été dernier nous sillonnions le Yucatan au Mexique, cet été, la destination devrait être… la France! A Pâques l’an dernier, nous visitions l’Est Sicilien. Cette année, direction le Cotentin pour un roadtrip en van !

Nous pouvons aussi privilégier les modes de transports plus propres pour nos déplacements au local, en France et en Europe, ou encore sur place lors de nos voyages. On a souvent le choix, alors choisissons plus responsable:

  • Les moyens de transport les plus propres restent la marche et le vélo ! Combien de fois nous prenons la voiture pour des trajets de moins de 5 kms ?
  • Les transports en commun restent la meilleure alternative pour les trajets courts (bus, car, métro). Si vous le pouvez, préférez-les à la voiture ou au taxi
  • Privilégier le train à l’avion pour des déplacements en France ou en Europe. Plus difficile en famille, il y a aussi le co-voiturage.
  • Privilégier les bateaux à voile plutôt qu’à moteur pour les excursions en vacances. Et préférons le pédalo au jetski!

2. Rechercher le dépaysement moins loin

« Le plus important, ce n’est pas la destination, mais les mésaventures et les souvenirs que l’on crée le long du chemin. »

Penelope Riley

C’est surement la résolution qui nous réserve le plus de surprises.

Nous avons encore le reflexe d’aller chercher le dépaysement, l’immersion culturelle, le ressourcement dans la nature, le plus loin possible de chez nous. Or je réalise que la richesse de l’expérience n’est pas corrélée aux nombre de kilomètres parcourus.

  • Nous revenons d’un week-end à Marseille, qui nous a apporté son lot de soleil, de dépaysement, et de richesse culturelle. Peut-être autant que si vous étions partis en week-end à Athènes ou Lisbonne.
  • Pour se reconnecter à la nature, les alternatives plus locales ne manquent pas et notre pays regorge de spots pour se ressourcer. Ils sont tellement proches de nous, que nous aurions tendance à ne plus les voir. Avant de nous envoler pour l’autre bout du monde, pouvons-nous nous questionner sur ce qui mérite d’être vécu moins loin? : Une retraite de yoga à Calvi au lieu de Bali? Du camping dans les gorges du Verdon, plutôt que dans le parc de Yellowstone? L’ascension du Mont Blanc avant de s’attaquer au Kilimandjaro? Plongée en Méditerranée dans le parc des calanques de Marseille avant de s’envoler vers la Grand Barrière de Corail en Australie? Evidemment loin de moi l’idée d’affirmer que ces expériences se valent, mais ouvrons les yeux sur les pépites qui existent plus proches de chez nous.
  • Je suis très curieuse de voir ce que nous réserve notre prochain road-trip en van dans le Cotentin à Pâques. Je suis convaincue que l’expérience de voyage atypique, la promesse de grands espaces et de vie au cœur de la nature devraient nous apporter les pics d’adrénaline, de dopamine et d’ocytocine (hormones du bonheur), qui nous font tant de bien pendant les vacances. Et pourtant à moins de 400km de chez nous…

Nous avons la chance de vivre dans l’un des plus beaux pays du monde. Nous avons encore tant de régions françaises à découvrir. Et nous connaissons finalement assez peu l’Europe. Nous voyons désormais cela comme une opportunité de voyager plus propre, moins cher, et avec des bénéfices similaires. Alors, essayons !

Forêt de Fontainebleau

Lisez également l’article : 5 idées Week-ends à environ 2h de Paris pour se ressourcer en famille

3. Vive le slow-travel !

« Les touristes ignorent où ils sont allés, les voyageurs ignorent où ils vont. »

Paul Théroux

De la même manière que nous nous détournons du fast-food, du fast-fashion, disons NON au fast-travel.

Comme pour la mode à petits prix, les voyages et vols bradés encouragent le FAST-TRAVEL. Il existe 2 principales variantes du Fast-Travel :

  • Voyager loin pour quelques jours, une semaine, sans réel autre but sur place que de se reposer les doigts de pieds en éventail.

Je ne vais pas me faire que des amis, mais l’exemple typique pour moi : la semaine all-inclusive à Punta Cana, sans sortir de son resort ! Je comprends bien sur le besoin de se reposer au soleil. Mais faut-il vraiment traverser 15 000 km en avion pour ne rien faire? Quel dommage de voyager dans les magnifiques Caraïbes si c’est pour rester sur son transat…

Vous l’aurez compris, je n’ai jamais été adepte de ce type de voyage. De la même manière que je n’ai jamais compris l’intérêt du tourisme de masse et des croisières sur des paquebots. La vie sur ces villes flottantes, toujours de plus en plus grandes, me semble inintéressante au possible. Pourtant les ventes de croisière explosent. C’est le mode de voyage qui s’est le plus développé ces 20 dernières années. D’après un reportage d’investigation diffusé sur la chaîne britannique Channel 4, un bateau de croisière émet en 1 journée autant de particules fines qu’un million de voitures ! Particules fines d’ailleurs inhalées par les croisiéristes qui pensent prendre un bon bol d’air pur. Emission de Co2, d’azote, déchets dans l’océan, eaux usées, le bilan des croisières est catastrophique. Svp, fuyons ce mode de voyage !

  • Voyager loin et vite, et privilégier la quantité à la qualité :

« Visiter la Thaïlande et le Cambodge en 10j », cela vous parle? De la même manière que nous voyons parfois en France des américains qui visitent « l’Europe en 2 semaines » !

« Less is More! ». Arrêtons de culpabiliser de ne pas avoir vu tous les sites incontournables d’un pays. On prend souvent cette habitude de vivre les vacances aux mêmes rythmes soutenus que notre quotidien urbain, avec des programmes étriqués, un quotidien overbooké et un itinéraire qui ne laisse aucune place pour l’improvisation.

« Tous ceux qui errent ne sont pas perdus. »

JRR Tolkien

Par opposition, le slow-travel, c’est RALENTIR, le temps des vacances. Privilégier la qualité à la quantité, lorsqu’on voyage. Cela commence souvent par cibler un voyage sur une région plutôt que de chercher à parcourir à tout prix un pays en 2 semaines. Le slow-travel, c’est souffler, savourer les lieux, se délecter et s’imprégner de l’ambiance locale, des coutumes. C’est se laisser porter par la magie des rencontres, ouvrir grand ses yeux et ses oreilles, laisser de la place pour les imprévus et pour le hasard… Au début, cela demande un effort, celui de tout ralentir, c’est un autre rapport au temps. L’instantanéité fait progressivement place à la spontanéité. Et on finit par le laisser porter par le rythme local.

Si vous ne connaissez pas, je vous encourage à visionner les excellentes émissions « Nus et Culottés », une ode au Slow Travel ! Voyagez « Slow » avec Nans et Mouts en attendant votre prochain voyage!

Comment profiter des bienfaits du slow-travel?

  • Cibler une région, une petite zone plutôt d’un pays ou groupe de pays
  • Emporter peu de bagages. Chasser l’inutile
  • Rester plusieurs jours dans chaque lieu
  • Privilégier le train à l’avion, le vélo ou le bus au taxi, la marche au vélo
  • Se rapprocher des locaux pour demander notre chemin, des conseils, etc…
  • Si c’est possible, dormir chez l’habitant
  • Se laisser des journées où rien n’est planifié
  • Se laisser porter par les rencontres, et les opportunités qui naissent de ces rencontres

Je suis impatiente de voir ce que vous réserve notre prochain voyage en van, car cela fait longtemps (depuis que nous avons des enfants) que nous n’avons voyagé complètement à l’instinct. Ne pas avoir le stress du « toit pour la nuit » nous permettra sans doute de lâcher prise plus facilement et de nous laisser porter ou nous laisser dérouter. Bientôt le compte-rendu sur le blog !

4. Priorité aux logements écologiques

« Le voyage est un retour à l’essentiel. »

Proverbe tibétain

Ecolodges, bungalow ecolo, fermes, tentes, yourtes, cabanes, … Les hébergements plus « nature » et/ou écologiques ne manquent pas.

Bâtiments eco-conçus, électricité solaire ou d’origine renouvelable, tri obligatoire et valorisation des déchets, repas bio et d’origine locale, chambre sans climatisation, réducteur de débit d’eau … Encourageons ces initiatives en privilégiant ce type d’hébergements pour nos vacances.

Je viens de découvrir le site Ecobnb (pas encore testé). Ce site propose de réserver des hébergements encourageant un tourisme plus respectueux de la nature, de l’économie et des communautés locales. Chaque logement proposé est évalué par une note sur 5, selon les réponses qu’il apporte sur 10 critères durables. A tester.

Même dans des logements plus conventionnels, à nous d’adopter des comportements plus responsables: utiliser son linge de toilette plusieurs jours (et donc ne pas les laisser traîner par terre dans la salle-de-bain), ou encore ne pas utiliser la climatisation.

Selon Paul Hawken (livre Drawdown, The Most comprehensive plan ever proposed to reverse global warming), parmi la centaine d’actions recommandées pour limiter le réchauffement climatique, l’action numéro 1 en impact concerne les réfrigérateurs et climatiseurs. Leur production, leur utilisation et leur fin de vie causent de très fortes émissions de gaz à effet de serre. Bien souvent, j’ai remarqué que nous utilisons la climatisation dès lors qu’elle est proposée dans une chambre. Mais, en avons-nous vraiment besoin? Nous en avons fait l’expérience en Martinique: souvent les températures deviennent bien plus supportables la nuit fenêtres ouvertes et bien plus agréables que le froid artificiel de la clim. D’ailleurs, c’est quand même contradictoire de régler le chauffage en hiver sur 22° et la clim à 18° l’été, non?

Enfin préférez des logements tenus par les communautés locales plutôt que les grandes chaînes d’hôtel et de résidences internationales. Ainsi vous contribuerez au développement de l’économie locale.

Quelques exemples de logements testés et approuvés lors de nos voyages et qui mettent en place des actions pour un tourisme plus durable :

jims farm villa triangle culturel
Jims Farm Villa – Sri Lanka

5. Consommer local

« Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. »

Michel Déon

Limiter son empreinte carbone quand on voyage, c’est aussi manger et boire local.

Allez, on oublie le Nutella pour tartiner ses pancakes en voyage en Indonésie! Sachant que l’huile de palme indonésienne a voyagé jusqu’en Europe pour fabrication de la pâte à tartiner et que le pot a ensuite parcouru plus de 10 000 km pour revenir en Indonésie? Merci le bilan carbone !

Manger local et mettre de côté ses habitudes alimentaires pour découvrir les mets locaux, cela fait partie du voyage, qu’on parte dans le Gers, en Corse, à Naples , à Copenhague ou à Essaouira,…

Ce point nous tient à cœur, car cela permet toujours de belles découvertes. Et nos enfants l’ont bien compris. Quand on mange au restaurant en vacances, les filles commencent toujours par nous demander quelles sont les spécialités du coin au menu!

6. Cibler le zéro déchet en voyage

Le zéro déchet en vacances, c’est finalement assez simple. Il s’agit de prendre les bons reflexes :

  • Emporter dans nos valises ou sacs à dos, gourdes et opinel pour les pique-niques. Si l’eau est potable sur place, buvons l’eau du robinet et n’achetons pas de boisson en bouteilles
  • Si nous savons que nous allons devoir manger sur le pouce dans la journée ou pendant un trajet, anticipons le pique-nique ! Souvent, cela permet de manger de bons produits frais (bien meilleurs que le sandwich triangle et paquets de chips), on économise de précieux euros, et bien sur, on limite ses déchets !
  • Refuser pailles, sacs en plastiques et emballages inutiles
  • Demander (et suivre) les consignes de tri sur place

7. Sensibiliser nos enfants à la préservation des écosystèmes

Les moments d’immersion dans la nature sont importants dans nos voyages, car avec notre quotidien urbain, nous perdons cette proximité avec les éléments naturels.

Lorsque nous voyageons, je me sens personnellement comme investie d’une mission de transmission à mes enfants du plaisir d’être dans la nature et de préserver l’environnement. 

Que l’on soit adulte, ou enfant, apprécier le moment présent, ca s’apprend !

Quel plaisir de contempler ensemble un paysage à couper le souffle. Quelle jouissance de cueillir des fruits directement dans un verger. Lire à l’ombre d’un arbre, s’émerveiller devant les étoiles, grimper aux arbres, tremper les pieds dans l’eau ou y plonger la tête la première, regarder le soleil se lever, construire un igloo dans la neige, observer les poissons, se balader en forêt, monter en haut de la montagne,…

Eduquer nos enfants, c’est aussi leur expliquer et respecter les consignes de préservation des écosystèmes. Cet été au Mexique, dans certaines cenotes, il était interdit d’utiliser des répulsifs pour protéger le microcosme des cenotes. Dans certaines zones à Bacalar, les protections solaires étaient interdites pour protéger la faune et flore de la lagune.

Evidemment, cela passe aussi par le fait de ne rien jeter, de laisser ces lieux comme nous les avons trouvés.

Ou encore ne pas encourager les pratiques touristiques et commerciales qui dérangent les animaux sauvages (excursions non sérieuses qui ne respectent pas les règles et qui proposent de nager avec des dauphins, des baleines ou des tortues par exemple)

8. Valoriser nos initiatives autour de nous !

Enfin le meilleur moyen de généraliser toute bonne pratique, c’est d’en parler autour de soi ! On peut tous améliorer nos pratiques chacun à son niveau. Nous concernant, le principal challenge est clairement la réduction de nos déplacements en avion !

Partagez cet article avec vos amis, et parlez-en autour de vous. Votre expérience personnelle et vos initiatives pourront en inspirer plus d’un.

« Le peu qu’on peut faire, le très peu qu’on peut faire, il faut le faire »

Théodore Monod

Lire l’article « Pourquoi nous n’avons pas d’autre choix que de changer notre manière de voyager »

Je m'appelle Maïwenn et j'ai 38 ans, Je suis travel addict, amoureuse d'outdoor, et bonne vivante. Je suis aussi très engagée dans les sujets écologiques. J'ai deux jeunes pousses et graines de voyageuses, Piment et Cactus, de 6 et 8 ans, qui ne manquent pas de piquant ! Sur ce blog Piment et Cactus, je partage nos récits de voyage et aventures pimentées en tribu, en France et à l'étranger. Je m'engage également à voyager plus écoresponsable et à partager les bonnes pratiques sur ce blog. Suivez-vous et profitez de nos bonnes adresses et coups de cœur.

2 commentaires

  1. Un Super article qui donne de l’élan pour entreprendre et poursuivre nos actions quotidiennes. Merci Maiwenn pour ton blog qui me régale.

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